Partager l'article ! Dans le fooding.com: Dans les cuisines de la République 31 janvier 2011 ...
KANDIDATUR
"Le propagandiste inculque beaucoup d'idées à une seule personne ou à un petit nombre de
personnes; l'agitateur n'inculque qu'une seule idée ou qu'un petit nombre d'idées; en revanche il les inculque à toutes une masse de personnes."
Georgi Plekhanov (1856-1918)
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Avec un titre comme ça, on s’attend à ce que ça balance, on veut du croustillant parlementaire, de l’inédit présidentiel, de la Mazarine et du Borloo… Curiosité en partie satisfaite :
Chirac aime la viande du Père Claude ou les plats chinois de Tong Yen, Mitterrand appréciait les fruits de mer de Le Divellec et la sole de La Cagouille, Sarkozy s’adonne à la truffe au
Bristol et aux petits farcis à La Petite Maison (Nice), Jean-Louis Debré apprécie le saumur-champigny et le bouzy rouge (l’avant-garde viticole des années 1990), plus quelques bistrots (le
Severo ou la Crèmerie), et tout le monde, gauche et droite, se
retrouve Chez Françoise ou Tante Marguerite, proches de l’Assemblée nationale. Mais l’essentiel du propos tient à la mesure du fossé abyssal qui sépare les habitudes, les certitudes, la
vision du monde culinaire des députés, sénateurs, ministres et hauts fonctionnaires (ce que les auteurs nomment, un peu fort, « gastrocratie »), des pratiques populaires et des
tendances nouvelles. Et, par voie de conséquence, de leur réticence à changer l’ordre établi. Bloqués sur l’idée que la France possède « la meilleure gastronomie du monde » (N.S.,
2008), les élites de la politique se repaissent bien souvent de trucs lourds, gras et chers arrosés de grands crus, célébrant quasi quotidiennement le « repas gastronomique des
Français » que la planète est supposée leur envier. Et pendant ce temps-là, le bon peuple (avec 8,34 € par jour et par couple au Smic) mange n’importe quoi n’importe comment, et
le bio attend toujours à la porte des cantines (y compris des leurs). On n’est pas sortis de l’auberge…
Morceau choisi : une page gauche-droite.
Yves Nespoulous
Pascale Tournier et Stéphane Reynaud, Dans les cuisines de la République, Flammarion (2010), 260 pages, 20 €.
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